A l'orée du travail sur 3 des films de Jodorowsky, que nous allons bientôt sortir en DVD, je me suis replongé (merci la bibliothèque municipale, merci ma "bibliothécaire" préférée que j'aime) dans certaines de ses bandes dessinées.

Parce que, oui, faut être honnête, je savais que Jodorowsky avait fait des films, mais sans en avoir vu jamais aucun... C'est d'ailleurs bien pour ça que leur place est toute trouvée dans notre collection Les Introuvables (dont je suis souvent, avec bonheur, l'un des premiers cobayes).

Je le connais donc pour son travail de scénariste BD, avec en tête John Difool et l'Incal (réalisé avec Moebius, autre géniale figure), immense saga et pour moi un vrai sommet de la BD. Quand on compte aussi tous les "satellites" de cet univers quasi-métaphysique (les Méta-barons, les Techno-pères,...), la masse et la cohérence de son boulot de scénariste le rende définitivement passionnant.
Mais, ado, j'ai d'abord commencé, déjà grâce à la bibliothèque municipale (mais une autre), par une autre série : Le Lama Blanc. Et en relisant les 6 volumes qui composent cette "geste" de la spiritualité tibétaine vue à travers les yeux et le destin d'un enfant blanc adopté qui devient rien de moins qu'un dieu, j'ai été de nouveau frappé par sa qualité.
Et je me suis souvenu de ma première lecture, tome après tome, du "Lama blanc" : j'ai de nouveau ressenti, les souvenirs jouant, un souffle, une ouverture au monde (et au boudhisme au passage) et une profondeur (mélangeant habilement univers fantastique, visions spirituelles quasi-hallucinatoires, description sociale sans concessions et même Histoire contemporaine du Tibet) que je n'avais à l'époque que rarement ressentie en BD.
Bon, sauf qu'à peu près au même moment, je me suis aussi pris Akira (la BD, puis le film) en pleine gueule...

En tout cas, nul besoin de dire que j'attend avec impatience de découvrir les fondations filmiques de l'oeuvre de ce visionnaire à part ;-)

Pêle-mêle, pour ceux que ça intéresse de découvrir/poursuivre tout ça : l'intégrale du Lama Blanc, l'Incal et, même si le rapport est un peu plus lointain, Métal Hurlant, la machine à rêver, le récit d'une aventure à laquelle Jodorowsky a aussi (un peu) pris part. D'ailleurs, je me dis même que son incursion dans le western (logique maintenant que je connais l'existence d'El Topo), avec la série Bouncer actuellement en cours, mérite le coup d'oeil. Surtout qu'il a toujours su travailler avec de bons dessinateurs, Boucq ne faisant pas exception.
Sur l'homme, un wiki plutôt complet.

En attendant notre beau coffret DVD avec La Montagne Sacrée, Fando & Lis et El Topo (si tout va bien, d'ici l'été)...